Local Research for Better Lives

You are here

Le rôle des universités dans le développement de nouveaux indicateurs de richesse

4-5 Décembre 2017 | Dakar, Sénégal

Dans la perspective de développer et mettre en œuvre des politiques de développement durable, les décideurs se trouvent face à des indicateurs de mesure de la richesse et de la performance économique incomplets, notamment concernant les interactions entre les activités économiques et l’environnement. Depuis plusieurs années, des initiatives se sont développées dans le cadre des Nations-Unis pour développer un système de comptes, le Système de Comptabilité Economique et Environnementale (SCEE), fonctionnant sur les mêmes principes que la comptabilité nationale et permettant de mettre en perspective environnement et économie au travers d’une grille de lecture commune. La mise en œuvre de cette nouvelle comptabilité est de plus encouragée par des conventions internationales, comme l’objectif d’Aichi pour la biodiversité 2, reprise par l’ODD 15.9[1].

Une partie de ces travaux ont cherché à développer une approche focalisée sur les écosystèmes, proposant des comptabilités expérimentales à partir de données biophysiques et géo référencées. A ce stade, la valorisation monétaire de ce type de données dans un cadre comptable est encore un sujet de recherche. La Convention sur la Diversité Biologique a publié une trousse de démarrage rapide en 2014, proposant une approche utilisant des logiciels libres, des bases de données mondiales existantes et accessibles et la combinaison de données satellitaires et in situ permettant de produire relativement rapidement une comptabilité écosystémique du capital naturel avec des données biophysiques.

Afin d’étendre la mise en œuvre de cette nouvelle forme de comptabilité dans le monde, des initiatives de renforcement des capacités, portées par les agences de développement bilatérales ou multilatérales, se sont développées avec l’objectif de soutenir des pays pour produire des comptes du capital naturel. Ces initiatives se focalisent principalement sur l’offre et la production de ces statistiques. Afin de renforcer la demande de la part d’institutions locales pour ces initiatives, d’en étendre l’impact, et ce dans la durée, il est aussi nécessaire de se soucier de l’utilisation des statistiques et des données. Le support à la production de comptes du capital naturel ne saurait constituer un objectif en soi et se justifie si ces statistiques peuvent être transformées en informations et analyses pertinentes pour les décideurs publics pour accompagner la transition vers des trajectoires de développement durable.

De plus, l’aide publique au développement finance généralement des activités de renforcement des capacités sur des bases ad hoc, au travers de consultants lors d’ateliers et d’assistances techniques de courtes durées par exemple. Ces formations sont essentielles dans une perspective de renforcement des capacités pour des besoins immédiats. La réalité est cependant que ces initiatives laissent de côté les principaux acteurs de construction de capacité pour le long terme, à savoir les universités. Ces dernières ont en effet le double mandat de transmission des savoirs et de compétences ainsi que de générer des connaissances à même de mieux informer les choix de politiques publiques. Ce sont au travers des universités que seront formés les chercheurs, décideurs et techniciens de demain et il est essentiel que ceux-ci disposent de connaissances adéquates, et puissent maitriser ce nouveau type de comptabilité pour la produire, l’utiliser ou prendre part aux débats dans des fora internationaux. Ce sont aussi les universités qui peuvent générer, dans le cadre des activités de recherche qu’elles hébergent, la demande d’utilisation des statistiques seule à même d’assurer la viabilité et l’intérêt de la production des comptes du capital naturel.

Il y a donc un manque important dans la chaîne d’interactions liant statistiques et politiques publiques, et un effort de renforcement des capacités de recherche est nécessaire pour le combler. Partant de ce constat, le Global Development Network (GDN), le CIRAD, l’UQAM et le CSE organisent un atelier de réflexion sur le rôle des universités dans la production et utilisation des comptes du capital naturel en Afrique de l’Ouest[2].

Focalisé sur l’Afrique de l’Ouest francophone, cet atelier a pour objectifs de :

  • Sensibiliser les institutions de recherche au concept de comptabilité du capital naturel ;
  • Créer des synergies entre potentiels producteurs, universités et utilisateurs finaux pour créer une information pertinente ;
  • Explorer les moyens d’utiliser les comptes en tant que ressource pédagogique ;
  • Entamer une réflexion sur la création d’une formation multidisciplinaire diplômante autour des comptes du capital naturel ;
  • Engager une réflexion sur la création d’un réseau d’acteurs de la recherche autour de la comptabilité écosystémique du capital naturel, qui pourrait notamment se matérialiser autour d’une plateforme en ligne.

Cet atelier regroupera des représentants des universités de l’Afrique de l’Ouest intéressés par le projet, des techniciens des agences gouvernementales, des représentants d’organisations internationales et des bailleurs de fonds ainsi que des experts de la comptabilité écosystémique du capital naturel.


[1] D’ici à 2020, intégrer la protection des écosystèmes et de la biodiversité dans la planification nationale, dans les mécanismes de développement, dans les stratégies de réduction de la pauvreté et dans la comptabilité

[2] A notre connaissance, il existe peu de comptes écosystémiques en tant que tel en Afrique de l’Ouest, avec cependant des travaux intéressants en terme de comptes des terres au Burkina-Faso notamment; le GDN propose d’organiser dès maintenant une discussion pour structurer les interactions entre les différentes parties prenantes pour la production et l’utilisation des comptes.

 

 

Jour 1 : Des comptes du capital naturel pour l’Afrique

8:30-9:00

Arrivée, enregistrement

9:00-9:20

Activité « Speed Networking »    

10:00-11:00​

 

 

 

SEANCE PLENIERE : Que sont les comptes ? Quels comptes
existent, et où existent-ils ?

Jean-Louis Weber 
Didier Babin

11:00-11:30

 

11:30-12:30

Pause-café

Discussion ouverte sur la première partie de matinée

12:30-14:00

Déjeuner

14:00-15:00

 

SEANCE PLENIERE : Exemples du Sénégal : priorités, besoin
et opportunités

Centre de Suivi Ecologique 
Institut des Sciences de l’Environnement 
Direction de la Planification et de la Veille Environnementale du
Ministère de l'environnement et du développement durable 

Modération : Pierre Bertrand, GD

15:00-16:00

 

SEANCE DE GROUPE : Des indicateurs pour les politiques
publiques

16:00-16:30

Pause-café

16:30-17:45

SEANCE PLENIERE : Restitution des groupes

17:45-18:00

SEANCE PLENIERE : Conclusion de la journée et présentation du
jour 2

 

 

Jour 2 : Quels outils pour renforcer les capacités autour des comptes

9:00-10:00

 

 

SEANCE PLENIERE : Quel rôle pour les institutions
d’enseignement supérieur et des centres de recherche 
dans la production et l’utilisation des comptes ?

Observatoire National de l'Agriculture, Tunisie
Groupe de Recherche et d’Analyse Appliquée pour le développement,
Burkina Faso
Institut des Sciences de l’Environnement, Sénégal
Centre d'Etude et de Recherche en Environnement, Guinée 

Modération : Marième Diallo. Centre de Suivi Ecologique

 

10:00-10:30

Pause-café

10:30-11:30​

 

 

SEANCE DE GROUPE : Formation et enseignement : comment
introduire la comptabilité du capital naturel dans les cours
universitaires ? Quel type de formation?

11:30-12:30

SEANCE PLENIERE : Restitution des groupes

12:30-14:00

 

Déjeuner 
Introduction à COPERNICEA

14:00-15:30

 

 

 

 

SEANCE DE GROUPE : L’approche recherche : Indicateurs,
valorisation monétaire et modélisation pour l’utilisation
des comptes dans les politiques publiques, place du big
data et « automatisation » de la production pour les comptes
biophysiques 

15:30-16:00

Pause-café

16:00-17:00

Restitution des groupes et conclusions 

 

 

Share this

 

Tags